Tome 11 - Chez les Hematopes

Tome 11 - Chez les Hématopes

 

Les personnages présents dans cette histoire :

Emulgres :

Lÿn

Pigaste

Jane

Ocre

Andréa

Aria

Sarric

 

Sorsasiens

Empereur de Sorsasie

Nezhor le Fourbe

Coralie de Sorsasie

Agwagnès

 

Ouropens

Nazul Krel (Hématope)

Ariana (Hématope)

Empereur Draculae (hématope)

Sarah Blod (humaine)

Lÿn

Naëlle (hématope)

Valérian (humain)

Tom Swale (Hématope)

La Reine Spectrale (Huw)

 

Grisois

Mélifère

Isbahn

Arwal

Pélerine

 

Sirénéen

Justie

Lola la Nocturne

Thanéïse

Salomé

 

Gandrie Est

Awaen

 

Gandrie Sud

Iréis

Kelmirer

 

Depuis qu'elle avait découvert la vérité sur sa naissance, Lÿn ne regardait plus jamais la Lune de la même manière. Elle savait désormais que sa mère n'était autre que la Reine Capitale, incarnation terrestre de la Lune. Une souveraine ancienne, presque divine, qui avait aimé un homme qu'elle n'aurait jamais dû aimer, le Roi Sigfried, déjà marié. De cette union interdite était née Lÿn, une enfant sans halo, une enfant que l'on avait considérée comme maudite, une enfant que sa propre mère avait abandonnée à son destin. Mais une question demeurait : Pourquoi ? Pourquoi la Reine Capitale avait-elle accepté de laisser sa fille grandir dans l'ignorance ? Et surtout... : Pourquoi le Roi Sigfried avait-il disparu de son histoire ? Lÿn refusait de croire que son père n'avait été qu'un épisode oublié.

Avec Pigaste, elle décida de partir sur les traces de ses origines. Leur voyage les conduisit jusqu'aux ouropéens, terre des Hématopes, des Humains et des Spectres. Ils ignoraient encore qu'ils allaient y découvrir une guerre capable de bouleverser l'équilibre de tout un continent.

Ouropa était différent de tout ce que Lÿn avait connu. Le territoire était partagé entre trois peuples. Les Hématopes vivaient dans les cités rouges, bâties dans une pierre sombre parcourue de veines écarlates. Guerriers redoutables, ils considéraient la force comme la première des vertus. Les Spectres occupaient les régions brumeuses du nord, où leurs cités semblaient flotter entre le monde matériel et celui des morts. Et entre les deux vivaient les Humains. Trois peuples, trois cultures, trois façons de concevoir le pouvoir. Et un royaume qui menaçait de se déchirer. À la tête des Hématopes se trouvait l'Empereur Draculae. Il était admiré par son peuple pour sa puissance et sa détermination.

Mais depuis quelque temps, une obsession avait remplacé toute autre préoccupation : la Reine Spectrale. Il lui avait envoyé des présents, des bijoux, des chevaux, des manuscrits anciens, des promesses d'alliance. Mais la Reine Spectrale avait toujours refusé. Elle ne voulait ni mariage politique, ni domination hématope. Elle voulait simplement la paix. Le dernier refus avait été particulièrement clair. Draculae ne l'avait pas supporté.

Lorsque Lÿn et ses compagnons arrivèrent dans la capitale ouropéenne, ils furent accueillis par une délégation inattendue. Une jeune femme à la peau pâle s'avança vers eux.

— Je m'appelle Ariana.

Derrière elle se tenait Nazul Krel, un Hématope à l'air méfiant.

— Et vous avez de la chance d'être arrivés maintenant, ajouta-t-il. Dans quelques jours, il sera probablement trop tard pour traverser le pays.

Lÿn fronça les sourcils.

— Pourquoi ?

Nazul regarda Ariana.

— Parce que l'Empereur prépare quelque chose.

Lÿn sentit immédiatement que l'affaire était plus grave qu'une simple querelle amoureuse. Ils furent conduits auprès de Sarah Blod, une humaine qui travaillait au palais, puis présentés à Valérian. Valérian était officiellement roi. Mais beaucoup refusaient de le reconnaître, car il était humain.

Son épouse, Awaen, était une gandrienne de l’Est. Haut-Mage de Gandrie Est. Leur mariage avait permis de maintenir une fragile stabilité entre les peuples. Mais pour les Hématopes traditionalistes, un Humain ne pouvait pas régner sur les Ouropéens. Tom Swale, un autre humain  proche du couple royal, résumait parfaitement la situation :

— Draculae ne cherche pas seulement à conquérir les Spectres. Il veut prouver qu'il est le seul capable de diriger les Ouropéens.

Valérian soupira.

— Et s'il déclenche une guerre, tout le royaume s'embrasera.

Lÿn observa le roi. Elle avait déjà vu des souverains. Mais Valérian n'avait rien d'un conquérant.

Il ressemblait davantage à quelqu'un qui tentait désespérément d'empêcher son monde de sombrer. Lÿn rencontra finalement la Reine Spectrale. Elle régnait sur les Huws. Sa présence était étrange. Elle semblait à la fois très jeune et infiniment ancienne. Son corps paraissait légèrement translucide sous la lumière des bougies. Elle regarda longuement Lÿn. Puis son visage changea.

— Tu portes quelque chose que je connais.

Lÿn se raidit.

— Quoi ?

La Reine Spectrale s'approcha.

— La marque de la Lune.

Lÿn sentit son cœur accélérer. La Reine Spectrale connaissait donc son secret. Mais avant qu'elle puisse poser une question, une cloche retentit dans la ville, une deuxième, puis une troisième.

La Reine murmura :

— L'armée hématope est en mouvement. L’Empereur Draculae vient chercher la guerre.

Pendant ce temps, en Sorsasie, une autre intrigue se jouait. Nezhor le Fourbe avait appris que Lÿn était partie pour Ouropa. Et il savait quelque chose que personne d'autre ne savait. Il avait retrouvé une ancienne correspondance mentionnant le Roi Sigfried. Le document faisait état d'un voyage secret de Sigfried vers Ouropa, plusieurs années avant la naissance de Lÿn. Nezhor comprit immédiatement la valeur de cette information. Il se rendit auprès de l'Empereur de Sorsasie et de Coralie de Sorsasie. Agwagnès était également présente.

— Si Lÿn retrouve son père, expliqua Nezhor, elle pourrait découvrir la véritable raison de sa naissance.

— Et pourquoi cela nous concernerait-il ? demanda Coralie.

Nezhor sourit.

— Parce que certaines vérités ont le pouvoir de faire tomber des royaumes.

L’Empereur Draculae se présenta devant la Reine Spectrale. Il avait revêtu son armure impériale.

Toute sa cour l'accompagnait.

— Je vous offre la protection des Hématopes, déclara-t-il.

La Reine secoua doucement la tête.

— Je ne veux pas de protection.

— Je vous offre mon empire.

— Je ne veux pas de votre empire.

— Je vous offre mon amour.

Un silence glacial tomba sur la salle.

La Reine Spectrale le regarda avec tristesse.

— Je ne vous aime pas.

Cette fois, Draculae ne répondit pas.

Son visage se ferma.

— Alors vous serez mon ennemie.

Le lendemain, les frontières furent fermées. Puis les premiers combats éclatèrent. La guerre venait de commencer. Les humains choisirent de soutenir les spectres. Sarah Blod participa à l'organisation des convois de ravitaillement. Le Roi Valérian prit lui-même la tête des troupes humaines. La grisoise Pélerine utilisa sa magie pour protéger les villes.

— Je suis humain, déclara Tom Swle. Et j’aiderai au soutien des spectres…

Lÿn, elle, ne voulait pas prendre part à la guerre. Elle voulait seulement retrouver son père et obtenir les réponses à ses questions. Mais elle comprit rapidement qu'elle ne pourrait pas rester neutre. En effet Draculae avait commencé à faire rechercher les étrangers présents sur le territoire. Et quelqu'un avait parlé de la jeune Emulgre sans halo.

Pendant ce temps, loin du champ de bataille, Mélifère la Grisoise voyageait avec Isbahn et Arwal.

Mélifère possédait un pouvoir exceptionnel. Lorsqu'elle touchait de l'eau, elle pouvait la transformer en or. Et lorsqu'elle touchait de l'or, elle pouvait le transformer en eau. Un pouvoir qui semblait merveilleux. Jusqu'au jour où les Hématopes apprirent son existence. Ils voulurent l'utiliser. Des soldats tentèrent de la capturer pour transformer les rivières en richesses. Mélifère comprit alors que son don pouvait devenir une malédiction. Elle s'enfuit avec ses compagnons.

Mais pendant leur fuite, ils découvrirent quelque chose d'étrange. Dans une ancienne salle souterraine se trouvait une immense carte gravée dans une pierre noire. Mélifère posa accidentellement la main sur une petite source qui coulait sur la carte. L'eau devint de l'or. Et sous la couche dorée apparurent des inscriptions : SIGFRIED.

Mélifère resta pétrifiée. Elle venait de trouver une trace du père de Lÿn. Elle transforma immédiatement l'or en eau afin de préserver l'inscription. Mais elle comprit une chose essentielle : Son pouvoir ne devait pas servir à fabriquer de la richesse. Il pouvait servir à révéler ce qui était caché. Mélifère rejoignit finalement Lÿn. Elle lui raconta sa découverte. Lÿn tremblait.

— Tu es certaine ?

Mélifère hocha la tête.

— Ton père est venu ici.

Ils suivirent les indications de la carte.

Lÿn et Mélifère suivirent les indications de la carte, s'enfonçant toujours plus profondément dans les anciennes galeries d'Ouropa. Mais alors qu'elles approchaient de la vieille crypte, un chant étrange s'éleva dans les souterrains.

Lÿn s'arrêta net.

— Vous entendez ?

Mélifère acquiesça.

Une mélodie douce et presque envoûtante se répercuta contre les parois. Puis quatre silhouettes apparurent au détour d'un tunnel : Justie, Lola la Nocturne, Thanéïse et Salomé, les sirénéennes. Elles étaient connues pour leur hostilité envers les Emulgres, et leur présence dans ces anciennes galeries ne pouvait être une coïncidence.

— Vous n'irez pas plus loin, lança Justie.

Pigaste s'avança.

— Nous ne cherchons pas les ennuis. Nous devons simplement atteindre cette crypte.

Lola la Nocturne eut un sourire mystérieux.

— Justement. C'est bien pour cela que nous sommes là.

Avant que Lÿn puisse répondre, Salomé entonna une nouvelle note. Aussitôt, les eaux souterraines commencèrent à monter autour du groupe. Un mince filet d'eau devint rapidement une rivière qui leur barra le passage. Mélifère regarda l'obstacle avec inquiétude.

— Elles essaient de nous enfermer !

— Et elles y arrivent plutôt bien, répondit Pigaste.

Thanéïse éclata de rire.

— Retournez d'où vous venez, Emulgres. Certaines portes ne sont pas faites pour être ouvertes.

Lÿn observa alors la carte de Mélifère. Une petite rigole serpentait le long du mur, contournant le passage bloqué par les eaux. Elle comprit.

— Mélifère ! Ton pouvoir !

La Grisoise posa aussitôt ses mains sur l'eau. En quelques secondes, la rivière se transforma en une immense coulée d'or liquide qui se figea contre les parois. Les Sirénéennes restèrent stupéfaites.

— Maintenant ! cria Lÿn.

Les Emulgres se précipitèrent dans le passage avant que les quatre Sirénéennes ne puissent réagir. Justie lança derrière eux :

— Vous ne trouverez rien là-bas !

Mais Lÿn ne se retourna pas. Elle savait désormais que si les Sirénéennes faisaient tout pour les empêcher d'atteindre cette crypte, c'était peut-être justement parce que ce qu'elle contenait était beaucoup plus important qu'elles ne voulaient le laisser croire. Au bout du tunnel, une immense porte de pierre apparut enfin dans l'obscurité. La vieille crypte était devant eux.

Lÿn la lut. Il expliquait qu'il avait aimé la Reine Capitale. Mais qu'il savait que leur amour était impossible. Il avait voulu reconnaître Lÿn comme sa fille. La Reine Capitale avait refusé. Non par honte de l'enfant. Mais parce qu'elle craignait que les pouvoirs de Lÿn attirent sur elle ceux qui chercheraient à exploiter sa naissance. Une dernière phrase bouleversa Lÿn.

« Si ma fille me cherche un jour, dites-lui que je ne l'ai jamais abandonnée. Je suis simplement parti pour la protéger. »

Lÿn éclata en sanglots. Toute sa vie, elle avait cru que ses parents l'avaient rejetée. Pour la première fois, elle comprit que l'histoire était beaucoup plus complexe.

La guerre s'étendait. Awaen avait fait venir de Gandrie Est des renforts magiques. Depuis Gandrie Sud, Iréis et Kelmirer faisaient parvenir des vivres et des informations. La Reine Spectrale refusait toujours de répondre à la violence par la violence.

— Nous ne devons pas devenir ce que nous combattons, disait-elle.

Mais Draculae était devenu incontrôlable. Il était convaincu que sa défaite signifierait la disparition des Hématopes. Son entourage lui répétait que les Spectres étaient responsables de tous ses malheurs. Et Nezhor le Fourbe, depuis la Sorsasie, alimentait secrètement cette haine.

La bataille décisive eut lieu dans la région spectrale. Les Hématopes avancèrent dans les brumes.

Les Spectres surgirent du brouillard. Les Humains combattirent à leurs côtés. Lÿn, Pigaste, Jane, Ocre, Andréa, Aria et Sarric se retrouvèrent au cœur du conflit. Lÿn elle utilisait son pouvoir pour protéger. Elle créait des barrières. Elle détournait les attaques. Elle sauvait aussi bien des Spectres que des Hématopes. Pigaste la regarda avec admiration.

— Tu sais que tu pourrais arrêter cette guerre.

Lÿn secoua la tête.

— Non. Je peux seulement empêcher quelques personnes de mourir.

Mais cette différence était essentielle.

Au milieu de la bataille, le Roi Valérian fut gravement blessé. Awaen accourut auprès de lui.

Elle posa ses mains sur son visage. Sa magie se déploya. Une lumière immense traversa le champ de bataille. Puis Awaen se tourna vers les trois peuples.

— Regardez-le !

Tous se turent.

— Vous dites qu'il n'est qu'un humain. Mais il est mon époux. Il est le père de mon peuple. Il a combattu pour vous alors que vous refusiez de le reconnaître.

Elle leva les bras.

— Aujourd'hui, je le légitime devant tous !

Son pouvoir de Haut-Mage de Gandrie Est enveloppa Valérian. Et pour la première fois, les trois peuples reconnurent officiellement son autorité. Valérian était désormais véritablement roi. La guerre semblait terminée. L’Empereur Draculae avait perdu. Mais il demanda une dernière audience à la Reine Spectrale. Il ôta son armure. Pour la première fois, il ne se présenta pas comme empereur. Seulement comme un homme.

— Je vous aime.

La Reine Spectrale lui répondit avec douceur.

— Je sais.

— Alors pourquoi me refusez-vous ?

— Parce que l'amour ne se commande pas.

L’Empereur Draculae ferma les yeux.

— Je pourrais vous donner tout ce que vous désirez.

— Ce que je désire, c'est être libre de ne pas vous aimer.

Cette phrase acheva de briser quelque chose en lui. L'Empereur se retourna. Son visage avait changé.

— Alors votre peuple brûlera.

Draculae ordonna une dernière offensive. Mais cette fois, les humains et les spectres étaient unis. Le Roi Valérian mena les troupes. La Reine Spectrale protégea son peuple. Awaen déploya sa magie. Ariana, Nazul Krel et Tom Swale se dressèrent contre les soldats de leur propre peuple.

Et Lÿn affronta l’Empereur Draculae.

— Pourquoi fais-tu cela ? demanda-t-elle.

— Parce que personne ne peut me refuser ce qui devrait m'appartenir.

Lÿn comprit alors. Draculae n'était pas seulement amoureux de la Reine Spectrale. Il voulait la posséder. Et lorsqu'il ne pouvait pas posséder quelque chose, il voulait le détruire. Lÿn lui répondit :

— Alors tu n'as jamais aimé la Reine Spectrale.

Draculae resta silencieux.

— Tu aimais seulement l'idée qu'elle t'appartienne.

Cette vérité fut plus douloureuse qu'une lame. Les Hématopes furent finalement vaincus.

Mais le Roi Valérian refusa de les humilier. Un traité fut signé. Les hématopes durent céder une partie de leur territoire aux Humains. Ils durent également signer un accord de non-agression avec leurs voisins. Draculae conserva son titre d'Empereur, mais son pouvoir fut fortement limité.

Les frontières furent redessinées. Les trois peuples commencèrent à reconstruire. Pour la première fois depuis longtemps, Ouropa connut la paix. Une paix fragile, mais réelle.

Quelques semaines plus tard, Lÿn se tenait seule au bord d'un lac. Mélifère était à ses côtés.

Elle plongea un doigt dans l'eau.

— Tu sais, dit Mélifère, je crois que ton histoire ressemble un peu à mon pouvoir.

Lÿn sourit.

— Comment ça ?

— L'eau peut devenir de l'or. L'or peut redevenir de l'eau. Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être.

Lÿn regarda la Lune. Elle avait longtemps détesté cette lumière. Parce qu'elle représentait sa mère. Mais ce soir-là, quelque chose avait changé. Elle ne pardonnait pas encore à la Reine Capitale, pas complètement. Mais elle ne la détestait plus de la même façon. Elle avait découvert que sa naissance n'était pas une erreur, qu'elle n'était pas maudite. Et surtout, qu'elle n'était pas abandonnée. Pigaste, Jane, Ocre, Andréa, Aria et Sarric l'attendaient un peu plus loin.

Lÿn se retourna vers eux.

— On rentre ?

Pigaste sourit.

— Pas encore.

Elle brandit la lettre de Sigfried.

— Il reste une question.

Lÿn fronça les sourcils.

— Laquelle ?

Pigaste désigna la dernière ligne de la lettre. Elle était presque effacée. Mais quelques mots étaient encore lisibles.

« Si Lÿn découvre un jour la vérité sur sa naissance, elle devra chercher au-delà de la Lune. Car son histoire ne commence pas avec moi. »

Lÿn resta immobile. Son cœur se mit à battre plus vite. Elle croyait avoir trouvé ses origines. Elle venait de comprendre qu'elle n'en avait découvert qu'une partie. Au-dessus d'elle, la lune brillait. Et pour la première fois, Lÿn ne détourna pas les yeux. Elle sourit, puis elle murmura :

— Alors, allons chercher la suite.

Et les Emulgres reprirent la route. La quête de Lÿn ne faisait que commencer.

 

 

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